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L’épaule, quatre pour un. Article I
Par Nadia Richer, M.sc., D.C.
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L’épaule
est composée de quatre articulations : acromio-claviculaire,
gléno-humérale, sterno-claviculaire et scapulo-thoracique.
Chacune possède ses particularités et permet
à l’épaule d’être l’articulation
possédant le plus grand nombre de degrés de
liberté. En d’autres termes, l’épaule
est multi-directionnelle. Cette caractéristique
n’est
pas étrangère au fait qu’il est particulièrement
commode pour l’homo erectus, nouvellement sur deux
pattes, de mouvoir sa main et ses doigts dans l’espace
avec précision et…doigté! |
Les prochains articles (ils seront
au nombre de trois) seront donc dévoués à cette
superbe complémentarité que forment ces quatre articulations.
Je tenterai de vous donner au passage quelques conseils pratiques
afin de rehausser la qualité de vos entraînements,
d’éviter les blessures et de maintenir en santé
ces articulations. Le premier de ces articles traite des articulations
sterno-claviculaire et acromio-claviculaire.
articulation sterno-claviculaire et acromio-claviculaire
Sterno-claviculaire
C’est l’union de la clavicule
au sternum et à la première côte, elle possède
trois degrés de liberté. Elle est peu impliquée
dans les séparations acromio-claviculaire, tout dépend
du mécanisme de chute.
Acromio-claviculaire
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Cette articulation est facile à repérer,
c’est la petite excroissance/bosse/pointu/ à
l’extrémité latérale de votre
clavicule. Elle unie la face externe de la clavicule à
la face interne de l’acromion, tubercule osseux provenant
de l’omoplate. Cette dernière permet de compléter
les mouvements de flexion d ’épaule vers l’avant
et le côté (flexion antérieure et
abduction). Pour chaque 10 degrés d’élévation
du bras, on compte 4 degrés d’élévation
de la clavicule.
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 Articulation acromio-claviculaire |
 Ouch! |
Il est possible de blesser
cette articulation lors d’une chute, surtout lorsque
la main touche le sol en premier ou encore lors d’une
chute directement sur l’épaule. Les sports de
contacts (hockey) et ceux où les chutes sont fréquentes
(moto-cross, football…) sont souvent en cause. Du fait
de sa position et de son architecture, chaque atteinte des
ligaments qui la composent est irréversible. En effet,
trois ligaments retiennent la clavicule vers le bas. La rupture
de ces derniers entraîne une migration de la clavicule
vers le haut, se séparant ainsi de l’acromion
(à gauche).
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Certains mouvements de musculation,
lorsque exécutés à une très grande
intensité et à plusieurs répétitions
peuvent également être la source de douleurs à
l’articulation acromio-claviculaire ou à la clavicule
elle-même. Les mouvements de dips et de bench-press (prise
large et plus de 300 lbs!!) sont pointés du doigt. La séparation
de l’articulation acromio-claviculaire est gradée selon
l’atteinte des ligaments et l’espace créé
entre l’acromion et la clavicule. Une blessure importante
peut entraîner une instabilité permanente, cependant
dans la majorité des cas légers, des exercices d’isométrie
spécifiques sont suffisants pour réparer le tout.
L’union de l’acromion
à la clavicule donne naissance à la voûte sous-acromiale,
passage critique pour les tendons du supra-épineux et du
chef court du biceps. Le tendon du supra-épineux est particulièrement
sensible au pincement ou rétrécissement de cette voûte.
Ce problème fréquemment rencontré est le syndrome
d’impingement ou d’abuttement sous-acromial.
De plus, suite à ces pincements fréquents, il peut
s’en suivre une irritation chronique du tendon du
supra-épineux
entraînant une tendinose de ce dernier. La tendinose est
le résultat d’une suite d’épisodes
d’irritation
aiguë (tendinite), emmenant une dégénération
permanente de la qualité du tissu (perte de souplesse du
tendon). La résultante est que ce dernier ne peut plus
effectuer correctement son rôle de rotateur externe.
Côté entraînement, il est préférable
de prévenir un tel problème en évitant d’utiliser
les barres droites. En effet, en plus de mettre un stress supplémentaire
au niveau du coude, ces dernières font travailler l’épaule
dans un plan qui n’est pas le sien. L’utilisation
de dumbbells permet d’éviter cette tension inutile. Également,
il serait toujours à la mode d’ajouter un ou
deux exercices favorisant le recrutement de la coiffe des
rotateurs dans votre programme et ce, même si vous
n’avez pas de douleur!
Pour être efficaces, ces exercices devraient s’effectuer
au début de la séance, utiliser de petites charges
et un nombre élevé de répétitions.
De plus, il serait approprié de les varier à tous
les changements de programme. Demandez à votre entraîneur
si vous manquez d’imagination! Je propose même d’en
montrer un ou deux dans la section exercices bâtards
d’ici
peu. De plus, si vous utilisez des charges supérieures
à 5 lbs dans un exercice destiné à la coiffe
des rotateurs, c’est que vous vous y prenez mal! Point.
Même
si vous avez 40 pouces de tour de biceps!
Soyez donc doux avec vos épaules,
elles vous le rendront au centuple!
Références
1- Dupuis, M., R.Leclaire, Pathologie
médicale de l’appareil locomoteur, Edisem,
Maloine, Montréal, 1986, 999 pages
2- Souza, Thomas A., Differential diagnosis for the Chiropractor,
Protocols and algorithms, Aspen Publication, Gaithersburg, 1997, 789 pages
Nadia Richer, B.Sc., D.C.
Septembre 2004
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